20/03/2015

Enquête : "La France du Djihad" de François Vignolle

Directeur adjoint de la rédaction du Journal Télévisé d’M6, François Vignolle a débuté son enquête sur les filières du djihad en France, avant les attentats meurtriers de janvier. Son livre, écrit en collaboration avec Azzedine Ahmed-Chaouch, « La France du djihad » (« Editions du Moment)  retrace le parcours de ces jeunes français candidats au djihad.

Grand spécialiste français police-justice, François Vignolle a consulté des familles, des experts de la police, du terrorisme, des associations mais aussi certains jeunes qui ont pu être arrêtés avant de franchir la frontière, pour tenter de comprendre la complexité de cet embrigadement sectaire.

20 à 25% sont des convertis, 5% de mineurs et entre 8 à 10% de filles.

La France est le premier fournisseur de djihadistes en Europe. Depuis le début de son enquête, en novembre 2013, 137 jeunes souhaitaient partir. Aujourd’hui ce chiffre a plus que triplé. C’est selon lui la traduction d’un réel engouement, tout le contraire d’une simple erreur de jeunesse. « Trois cercles alimentent les filiales du djihad en Syrie », confie l’ancien reporter au Parisien : les délinquants, les filles, ainsi que les étudiants.

Les « petits délinquants » qui ont souvent un « parcours chaotique » marqué par l’absence d’un père constituent le premier vivier. Bien souvent, passés par la case prison pour braquages, vols à main armé ou trafic de drogue, ils se radicalisent entre les murs. Ils rencontrent un mentor qui leur promet une dévotion. Mais François Vignolle nuance ses propos car pour beaucoup, la religion a été une source de bienfaits, très loin des extrémismes religieux, et les a aidés à se remettre dans « le droit chemin.» 
Le journaliste observe une autre forme de profil des candidats au djihad : les étudiants, souvent brillants, promis à un avenir plutôt radieux. Etudiants en faculté de médecine ou en école de commerce, certains d’entre eux ne se reconnaissent plus dans la France, ni dans ses valeurs. Bien souvent le mode d’opération est une « radicalisation éclair » explique François Vignolle, « cela peut prendre entre 15 jours, 3 semaines, 1 mois. C’est très rapide, notamment grâce à internet. » La propagande  sur les réseaux sociaux est à l’origine de nombreux départs : « D’abord, je vais voir un clip où il y des enfants en sang, des parents fusillés par des gens de l’armée de Bachar Al Assad. Je vais me renseigner je vais discuter sur les forums ». Pour la plupart c'est un sentiment d’injustice qui crée le déclic pour partir. Le spécialiste police-justice raconte qu’à l’époque de son enquête, il suffisait de 300€ ou 400€ pour partir en Turquie puis en Syrie. Aujourd’hui le coût a plus que doublé, mais ce n’est pas un frein pour les français embrigadés qui quittent le territoire.
Enfin, les jeunes filles qui quittent la France pour rejoindre les djihadistes sont motivées par un syndrome de « mère Thérésa » comme l’explique l’auteur de « la France du djihad ». Horrifiées par ce qu’elles visionnent sur internet (images d’enfants tuées ou de villages rasés) elles rejoignent les rangs des combattants djihadistes pour venir en aide aux populations et civils. Le discours des terroristes émeut les âmes sensibles, en se gardant bien de leur révéler la dure réalité du terrain.

« Ils se rendent compte que la guerre, ça pique ! »

Car sur place, les conditions dans les katibas (brigade d’entraînement) diffèrent à bien des niveaux. Dans la réalité, la vie des centres d'entraînements est rude et très réglementée : « on achète son arme, on n’a droit qu’à deux repas par jour.» raconte François Vignolle. Mais surtout, les plus faibles ne vont pas « faire la guerre » comme ils l’avaient espéré. Ils restent à « faire le planton devant le camps ». Les soldats se rassemblent par pays, et la solidarité n’existe pas. Certains parents ont pu récupérer leurs enfants car ils étaient trop jeunes. Pour les groupes extrémistes ils devenaient un fardeau. Mais aujourd’hui, DAESCH ne laisse plus aucune possibilité de retour au pays d’origine. Car, ces étrangers qui s’aperçoivent que la réalité sur place ne ressemble en aucun point à celle qu’on leur a vendue, et qui souhaitent quitter les centres, représentent des mines d’informations trop précieuses pour les renseignements occidentaux.  

« On a besoin de tout le monde »

Comme un encouragement, François Vignolle martèle cette affirmation plusieurs fois. Il explique que « l’arsenal policier ne suffira pas ».  « On se rend compte que c’est un échec de la politique de laïcité, de la politique sociale. » ajoute-il. Prendre en compte toutes les problématiques, c’est là que se situe la solution pour le journaliste qui affirme « Ça va être long. C’est un travail de pédagogie : les familles peuvent aller expliquer ce qu’elles ont vécu ». Selon lui, l’éducation nationale doit également engager des dialogues et mettre en place des initiatives pour contrer les discours de radicalisation. Car une fois partie, nos jeunes n’ont que deux alternatives : la prison ou la mort conclut François Vignolle.

Amicalement vôtre,
Yoko

07/03/2015

C'est bientôt le printemps, Mesdames, achetez une Fleur cup !

"T'aurai pas un tampon s'il te plait ? J'ai oublié que j'allais les avoir..." 
Si tu n'as jamais entendu cette phrase, ou même prononcé cette demande à une amie, et que tu es une fille alors... c'est peut-être que tu as utilisé une cup depuis l’apparition de tes règles ? Non, ça n'existe pas. Toute les filles réglées ont déjà subit ce genre de situation gênante.

Mais maintenant avec la "coupe menstruelle" entre nous on appelle ça la CUP, ce genre de problème est très vite réglé - jeu de mot. Détrompez-vous je ne suis pas chargée de faire la publicité de ces petites merveilles, mais tout de même... je me dois de vous inciter à changer vos habitudes !!

Et pour vous aider à renoncer aux tampons, serviettes et autres trucs relous pendant que les anglais débarquent, voici une vidéo terriblement drôle qui va vite vous convaincre :


Voici le site où j'ai acheté la mienne : Fleur Cup. Aucun problème, livraison rapide, produit conforme...

Amicalement vôtre,
Yoko

Kingsman, Nouveaux Héros, deux films à voir

Je ne suis pas de ceux qui vont au cinéma pour décortiquer les films. J'y vais pour en avoir plein les mirettes et sortir amusée, ébahie, impressionnée par le travail, les jeux d'acteurs, les effets spéciaux... BREF, quand je vais au cinéma j'y vais pour me divertir.

Et en ce début d'année 2015 j'ai regardé 3 films tout à fait différents :

  • une comédie française avec Sophie Marceau et Patrick Bruel, sympa mais sans plus,
  • un film d'animation, parce que j'admire la montagne de travail que représente ces chef d'oeuvre,
  • une comédie britanno-américaine délirante !

Le verdict ...

1. KINGSMAN, de Matthew Vaughn (réalisateur de Kick Ass et X-Men, le commencement)

Le site internet Allo Ciné ne lui offre pas moins de 4,5 étoiles sur 5 ! 
Sans avoir vu la bande annonce, j'étais curieuse de découvrir ce qui se cachait derrière l'affiche du film. Et je n'ai pas été déçue du tout !! C'est "un bijour politiquement incorrect qui redéfinit le blockbuster contemporain en un cinéma d'exploitation grandiose et décomplexé" selon le site internet A voir à lire, qui fait une critique élogieuse du film. 


A chaque début de film j'attache une attention particulière au générique. Et celui-ci est original et ne dure pas des plombs. Ça me surprend toujours d'imaginer les petits génies qui sont à l'origine de ces créations, et qui doivent bosser pendant plusieurs mois sur une séquence qui ne dure que quelques minutes.

Sans rentrer dans les détails, ce film est jouissif. Le grand méchant (Samuel L. Jackson) est ridiculisé par son zozotement et son style vestimentaire dépassé. Le gentil (Taron Egerton) est jeune, beau et a l'opportunité de quitter son environnement familial chaotique. Colin Firth qui a revêtu son habit de gentleman (qui lui sied à merveille) est quant à lui brillant. Son élégance British rend sa performance délicieuse. Et c'est tout le film qui est emprunt de la touche Anglaise : répliques et décor nous plongent dans cet univers où la subtilité humoristique fait mouche.



Le film est bourré de trouvailles cinématographiques : l'utilisation de la Go pro et les gros plan rendent les scènes d'actions tout à fait inhabituelles. Alors que la violence est inouïe, l'humour continue de tourner en dérision l'horreur. Ne serait-ce que parce que Valentine (le méchant) ne supporte pas la vue du sang. Deux scènes m'ont marquée, l'une intervient au tout début du film, et l'autre est dans la bande-annonce (non je ne vous en dit pas plus). 
A plusieurs reprises le dénouement de certaines situations surprend. Les rebondissements rythment le film en évitant toute facilité scénaristique.

J'ai beaucoup ri. Je suis bon public, mais ça peut vous rassurer, mon accompagnateur beaucoup moins, et il a ADORE. Je ne peux QUE vous conseiller d'aller vous faire votre propre opinion. Mais une chose est sûre, vous devriez ressortir avec le sourire aux lèvres et l'envie de vous faire tailler un costume sur mesure.

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2. Nouveaux Héros
Même note du côté d'Allo Ciné. Et je dois dire que j'ai aussi adoré ce film d'animation. Le seul petit désagrément pour moi, a été de réussir à retenir le titre du film que je trouve... incomplet. "Les nouveaux héros" auraient été mieux à mon goût, mais rien de dramatique.


C'est donc la célèbre écurie Disney qui revient après le succès de La Reine des Neiges (que j'ai aussi adoré, oui je suis une grande enfant). En rachetant le studio Marvel, Disney a fait le pari de l'innovation. C'est plus de cinq mille personnages qui vont s'ajouter au catalogue de Disney : les Quatre Fantastiques, Hulk ou encore le Surfeur d'argent. 
Mais pas d'inquiétude, Nouveaux Héros est bien un DISNEY, avec sa patte. Ce dessin animé a tous les ingrédients pour plaire : une intrigue intelligente menée par des personnages attachants, drôles et très singuliers. Le robot Baymax est particulièrement orignal, son volume important entraîne des situations cocasses. Les décors sont incroyablement bien réussis. On passe un très bon moment en famille ou même seul(e) ! A voir (sauf si vous n'aimez pas les dessins animés évidemment).


(Il faut rester après le générique....)

Amicalement vôtre, 
Yoko

01/02/2015

Je me souviens... CULTUREZ-VOUS

A la manière du très talentueux Georges Perec, les Inrocks ont publié leur 1000ème numéro en rassemblant 1000 de leurs souvenirs. Des souvenirs teintés de rencontres culturelles fortes. Je n’ai pas rencontré Iggy Pop ou dansé avec Pharell Williams, mais j’ai une famille de musicos complètement barrés, des amis cultivés et de merveilleux souvenirs culturels.

1)      Je me souviens de ma mère qui écoute Carmina Burana à plein volume dans le salon quand elle fait le ménage. Parfois elle chante par-dessus. Elle n’écoute pas que Carl Orff, elle adore l’opéra : Barbara Streisand, Roberto Alagna, Maria Calass ont bercé mon enfance. Grâce à elle, quand j’entends ces voix j’ai des frissons. Et quand je récure mon appartement, j’écoute de la musique classique.

2)    Je me souviens d’un de mes premiers concerts de musique de chambre au Château du Pin à Angers. Jeune clarinettiste je jouais à cette occasion dans un quatuor. Nous avions repris la bande son originale d’Harry Potter 1. Ma partition était d’une simplicité déconcertante. Quand je la relis - ça m’arrive quelques fois de replonger dans mes centaines de partitions, je revois ces blanches, ces noires et ces croches qui se battent en duel sur la double page de portées. J’étais fière de reproduire une musique « actuelle ». C’était il y a treize ans.

3)      Je me souviens du premier album de Caravan Palace en 2008. Il est sacré disque de platine la même année et devient en 2009, le 11e album le plus vendu en France. J’étais incroyablement fière de ma cousine qui a intégré le groupe en 2005. Je me rappelle lui avoir demandé pourquoi avoir choisi « Colotis Zoé » comme nom de scène ? « C’est un papillon, et un papillon c’est beau et éphémère comme la musique » m’avait-elle répondu. Tout simplement.

4)      Je me souviens du mur blanc de l’appartement d’un hockeyeur angevin. C’était la première fois que je venais chez lui, je ne le connaissais pas vraiment, c'était un ami d'ami. En 2011 j’étais lycéenne et j’aimais assister aux rencontres sportives à la patinoire de la ville. Après un match il m’a envoyé un message via internet pour me demander de faire des photographies avec lui. J’y suis allée avec une amie, j’étais timide devant l’objectif. Puis j’ai aimé son regard, sa façon de mettre en scène un corps. Je ne m’aimais pas sur les clichés. Lui adorait. Depuis c’est un ami qui vend ses photos dans plusieurs pays.

5)   Je me souviens des trajets Angers-Bièvres en car. Pendant mon enfance, chaque année mes parents et leurs amis organisaient une journée à la Maison Littéraire de VictorHugo pour découvrir la nouvelle exposition. L’immense parc, la rivière en contre-bas, les arbres centenaires me donnaient l’impression d’être une princesse dans sa propriété. Depuis j’essaie de prendre goût aux descriptions interminables des Misérables. De ces journées « découverte », j’ai retenu ces mots poétiques : « Aimer c’est agir ». Et maintenant, c’est moi qui accueille les curieux.

6)      Je me souviens des colonies de vacances musicales estivales que mon père dirigeait. Le séjour se clôturait par la présentation d’un spectacle. En 2002 à Merquel, nous avions adapté le Bolero de Ravel. Majestueux. Je me vois en 2005, sous les arbres du centre à Hédé, répéter les titres du concert final. Ces moments de partage sont inoubliables, la musique crée le dialogue.

7)      Je me souviens avoir participé au clip de Dramophone, single du 2ème album de Caravan Palace sorti en 2012. C’était un soir de septembre, dans un bar du marché de Rungis, privatisé pour l’occasion. Il y avait un vrai gang de motards, des danseuses américaines, et le patron du bistrot avait une magnifique 2CV de collection. A la nuit tombante on s’est tous trémoussés sur le parking. Finalement je suis la seule à me voir quand je visionne la vidéo.

8)      Je me souviens de l’entrée de l’Opéra Garnier, de mes talons qui claquent sur le carrelage du hall. Une amie plus âgée m’avait invitée à écouter Salomé de Richard Strauss. C’était en 2011, et ce fut sûrement la première sortie culturelle digne de ce nom que j’ai faite à la capitale. C’était délicieux. J’ai eu l’impression d’être une grande personne, parce que les grandes personnes vont à l’Opéra.

9)      Je me souviens avoir beaucoup pleuré en lisant un roman tiré d’une histoire vraie. Il s’appelait « On s’était dit pour la vie ». Et son auteure y raconte son histoire d’amitié brisée. Je l’avais emprunté à la bibliothèque en 2004, j’avais une dizaine d’années. J’ai toujours « prié » fort pour que ça ne m’arrive jamais.

10)  Je me souviens avoir été invitée au concert de Charlie Winston grâce à ma cousine, chanteuse, qui connaissait le manager de l’artiste, un anglais. En 2013, je n’étais à Paris que depuis deux ans et je commençais tout juste à prendre conscience de l’incroyable puits de culture que cette ville représente. J’ai même demandé une seconde invitation pour deux personnes le lendemain. Il n’a pas changé d’un soir à l’autre, j’ai adoré.

11)  Je me souviens de cette journée à Barcelone en amoureux. Je me rappelle (surtout) découvrir avec stupeur qu’il fallait payer pour accéder à l’esplanade du Park Güell. C’était en février 2014, alors que nous passions une semaine à faire du ski dans les Pyrénées. Un matin j’ai interpellé mon petit ami : « Viens, on part à Barcelone pour la journée ! » Deux heures plus tard on contemplait la Sagrada Familia en travaux sous un soleil agréable. Il dénotait avec la neige qui faisait rougir mes pommettes.

12)  Je me souviens de deux bandes-dessinées retraçant l’histoire de Gandhi et Martin Luther King que mes parents m’avaient offertes. J’étais jeune, je devais avoir entre 10 et 13 ans. Les dessins parlent aux enfants : je revois la scène du balcon où Martin Luther King se fait assassiner, ou celle de la marche du sel de Gandhi. Ces deux BD trônent toujours dans ma bibliothèque d’adulte. Elles ont déménagé avec moi il y a quatre ans, de la maison familiale angevine à mon appartement parisien.

13)  Je me souviens d’une séance au cinéma tout à fait inhabituelle : j’étais allée voir Lebal des actrices de la réalisatrice Maïwenn, encore peu connue à l’époque, en 2009. Je ne savais pas à quoi m’attendre, mais j’aimais le casting : Mélanie Doutey, Marina Foïs, Julie Depardieu, etc. Je n’ai pas de souvenir précis, pas de scène du film que je pourrais raconter sans revoir le film au préalable, mais c’est le moment agréable que j’ai passé qui m’a marquée.

14)  Je me souviens d’une vidéo d’archives familiales où mon père et ma cousine déguisés en Rita Mitsuko dansent et chantent sur une table. Perruque dorée, lunette de soleil, chaussettes roses, guitare à la main ils imitent le duo à la perfection.

15)  Je me souviens des images de Nuit et brouillard que nous avait montrées notre institutrice en Cm2. Le film d’Alain Resnais m’avait glacé le sang. Depuis cette année 2004, je n’ai jamais cessé de penser « plus jamais ça ». C’est cette même institutrice qui m’a fait découvrir « Zazie dans le métro » de Raymond Queneau. Merci à elle.

16)  Je me souviens chanter à tue-tête en voiture avec mon père et mon frère les tubes de RaoulPetite. « Aux commandes de son traîneau, Niourk Niourk l'eskimo, qui a taquiné les animaux… est pressé de se tasser dans son igloo, ça t’étonne ? » Des paroles sans queue ni tête qui nous ont toujours fait pouffer à l’arrière des voitures familiales (on a souvent changé). Puis un peu plus tard j’ai découvert Jean-Louis Aubert, toujours grâce à mon père. Voilà, c’est fini.

Amicalement vôtre,
Yoko

30/01/2015

Le VIH est dans la nature, il faut s'en protéger.

"Si tu ne mets pas la capote une fois et que tu chopes le VIH, alors tu devras la mettre toute ta vie." 

L'affirmation de Lucie sonne comme une onde de choc. A 22 elle est l'auteure de la "Lettre ouverte d'une jeune séropositive à une jeunesse inconsciente". Elle aurait d'ailleurs préféré nuancer le titre en écrivant "lettre d'une jeune séropositive aux inconscients", mais sur le moment elle n'était pas inspirée.

Je devais rencontrer Lucie dans un café parisien. Finalement c'est sur les sièges moelleux et dans l'ambiance bruyante d'un restaurant Mac Do qu'on s'est retrouvées "Je reviens de la Pitié [L’hôpital La Pitié salpêtrière] comme j'étais à jeun, fallait que je mange" me prévient-elle par texto.

J'avais envie de connaître son état d'esprit depuis l'écriture de cette lettre qui a été largement relayée sur les réseaux sociaux. Son témoignage a touché beaucoup de gens.
Elle me raconte qu'elle a reçu quelques messages privés de personnes qui la remerciaient, d'autres qui lui écrivaient depuis la salle d'attente d'un centre de dépistages. 

"Ça m'a fait du bien d'en parler, d'autant que je pensais le faire, mais plus tard. J'y avais réfléchis mais je n'osais pas". Comme un coming out tardif, Lucie n'a pas souhaité en parler dès l'annonce du résultat de sa prise de sang. Plusieurs fois elle a dû essuyer quelques remarques irréfléchies de ses camarades de classe qui abordaient le sujet : "faut vraiment avoir la poisse pour choper le sida !" Euh ben non pas forcément. Même s'il existe des personnes qui naissent avec le virus, d'autres qui se font contaminées par des transfusions, la plupart des personnes chopent le VIH parce qu'ils ne prennent pas conscience de l'importance de se protéger ! Le dépistage c'est bien mais le plus important c'est de retenir que "le VIH est dans la nature et qu'il faut par conséquent s'en protéger" me dit-elle.

Et pourtant, alors que ses amis ont tous, ou pratiquement tous, vu défiler l'article de Konbini sur leurs fils d'actualité Facebook, Lucie entend encore des récits de soirées arrosées, pas très glorieux. Elle s'étonne de devoir rappeler à ses amis que sans protection tout peut arriver. Elle martèle : "Il faut se protéger soi même mais aussi protéger les autres." Le virus est compliqué : il mute, son évolution diffère selon les personnes, les réactions des gens sont aussi différentes. Donc il faut en parler pour que la prise de conscience soit plus grande.

Lucie a choisi de s'adresser à la jeunesse car elle même est jeune et hétérosexuelle. Mais chez les seniors aussi le taux de contamination a tendance à augmenter. Avec la hausse des divorces et les changements de vie, les adultes n'ont pas toujours le réflexe d'utiliser un préservatif quand ils reprennent une vie sexuelle. Elle m'explique que c'est tout simplement dû à leur éducation sexuelle passée : le SIDA était un sujet encore plus tabou qu'aujourd'hui, il n'y avait pas d'information véhiculée pour les jeunes contre le VIH.

Aujourd'hui encore la prévention est timide. La dernière campagne de l'INPES remonte au mois de décembre 2013. Elle avait pour but de réaffirmer l'efficacité et le caractère multiprotecteur du préservatif. Depuis, rien. Ou pas grand chose, le Sidaction a lieu chaque année évidemment, l'association AIDES réalise des clips vidéos de prévention, mais l'intérêt porté par la jeunesse est faible.

Le point de départ

C'est un tweet posté le 3 janvier dernier qui a tout déclenché. "Le rédacteur en chef de Konbini m'a contactée pour me demander si je voulais témoigner" me raconte Lucie. "J'avais un peu peur de l'ampleur que ça pouvait prendre vu l'audience du site internet" poursuit-elle. Finalement elle accepte. Ensuite tout s'est enchaîné. Ils n'ont pratiquement rien modifié de son texte.

Du rejet ? Pas vraiment. Lucie se souvient seulement d'un moment où elle a beaucoup ri. "C'était un jour où j'allais au centre de don du sang pour leur demander de me retirer de la liste de diffusion. La dame voulait connaître la raison, je lui ai répondu que j'étais séropositive. Son visage s'est décomposé !" s'amuse Lucie.

Son traitement thérapeutique empêche le virus de muter, son état est stable mais la prise de médicament quotidienne (tous les 24heures elle ingère trois pilules), fait désormais partie de sa vie. "J'ai plus peur des médicaments que du virus" me dit-elle. "On ne connait pas les effets à long terme..."

Elle m'avoue avoir envie d'intervenir dans des collèges ou des lycées pour témoigner et inciter les plus jeunes à se protéger du VIH pendant un rapport et à se faire dépister avant d'enlever le préservatif avec sa partenaire (ou après un rapport à risque, 4 mois après). On lui souhaite de réussir à convaincre les gens de faire l'amour en illimité, mais sans danger.

Amicalement vôtre,
Yoko

27/01/2015

Révolution des crayons pour la liberté d'expression

Quinze jours après l’attentat qui a décimé une partie de la rédaction de Charlie Hebdo, la vie a repris son cours. La rue Nicolas-Appert est néanmoins gardée 24h/24 par des policiers armés jusqu’aux dents. Mais l’heure est à l’apaisement. Et malgré les 2 petits degrés de la météo, il règne une ambiance chaleureuse en ce 22 janvier. 

Devenu presque touristique le lieu regorge de témoignages du monde entier. Les bouquets de fleurs et les messages écrits à la main s’entremêlent. La poésie du lieu dénote avec le drame qu’il a vécu deux semaines auparavant. Des mots d’encouragement et de soutien sont placardés sur les murs ou les barrières de sécurité. De nombreux poètes se sont révélés quand d’autres ont "seulement" cité de très célèbres citations comme les mots de Paul Eluard : « Liberté j’écris ton nom ».


Amicalement vôtre,
Yoko

17/01/2015

Film : la Désintégration sorti en 2012, est toujours d'actualité...


« C’est qui ces types que tu vois ? Peut-être qu’ils ont rien dans la tête mais en tout cas ils connaissent parfaitement le fonctionnement de vos têtes. » Ainsi s’exprime Rachid face à son petit frère Ali. Il poursuit : « Ils mélangent le vrai avec le faux pour faire passer le faux. Alors moi je te conseille, ne fais pas que les écouter, fais marcher ta cervelle un petit peu.» La clairvoyance de l’aîné saute aux yeux. Comme un père moralisateur mais bienveillant il tente de sauver son frère d’un embrigadement religieux radical.

C'est le sujet du film de Philippe Faucon, La désintégration, qui sort en 2012. Quelques mois seulement avant que la France connaisse les terribles événements de l’affaire Merah. Mais le film lui, n’est que fiction. Inspiré de la réalité, les clichés s’entremêlent pour finalement révéler certaines vérités, les failles d’une société française actuelle : un père absent, une mère épuisée par un travail peu valorisant, une cité en banlieue de Lille. 
Ali, Hamza et Nasser âgés d’une vingtaine d’années font la connaissance de Djamel. La métamorphose du personnage principal s’établie sous les yeux du téléspectateur qui assiste, impuissant, à l’isolement des trois adolescents manipulés par Djamel, qui s’avère être un fin orateur et un prêcheur radical.

Si des détails ou des incohérences peuvent déranger certains pratiquants musulmans - comme les ablutions mal « faites » ou certains discours qui sonnent faux, le film délivre un message de paix évident. « Paix, amour et partage sont les valeurs de l’islam » assure l’imam qui prêche lors de la cérémonie de l’Aïd, au début du long métrage. C’est une des premières phrases qui ancre le film dans une dynamique apaisante. Volontairement simpliste, le scénario montre le destin d’un homme faible d’esprit qui se réfugie dans la violence pour trouver un sens à sa vie.

Le film est à voir, en gardant à l’esprit que ces images un peu « clichées », sont au service d’un discours préventif contre de telles radicalisations de l’esprit. Dans le contexte actuel, il permet de comprendre le cheminement de certains français qui dérivent.

La Désintégration, 
de Philippe Faucon

Amicalement vôtre,
Yoko